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Comment construire un portefeuille d’investissement?
Construire un portefeuille d’investissement est une étape importante pour toute personne qui souhaite prendre en main ses finances et investir sur les marchés financiers. Pourtant, lorsqu’on débute, il peut être difficile de savoir par où commencer. Faut-il acheter des actions individuelles, investir dans des fonds négociés en bourse (FNB) ou détenir des obligations? Comment déterminer la répartition de ses placements? Et combien de placements faut-il posséder?
La construction d’un portefeuille ne consiste pas simplement à choisir plusieurs produits financiers. Elle demande d’abord de réfléchir à ses objectifs, à la période pendant laquelle on souhaite investir et au niveau de risque que l’on est prêt à accepter.
Dans cet article, nous allons examiner les principales étapes pour comprendre comment construire un portefeuille d’investissement, tout en découvrant les caractéristiques des différents types de placements et l’importance d’adopter une stratégie cohérente.
1. Qu’est-ce qu’un portefeuille d’investissement?
Un portefeuille d’investissement désigne l’ensemble des placements financiers détenus par un investisseur. Il peut comprendre différentes catégories d’actifs, notamment des actions, des fonds négociés en bourse (FNB), des obligations et des liquidités.
Chaque placement possède ses propres caractéristiques. Certains offrent une participation dans des entreprises, d’autres représentent des prêts consentis à des gouvernements ou à des entreprises. Les liquidités, quant à elles, peuvent servir à conserver une somme disponible pour des besoins à court terme.
L’objectif de la construction d’un portefeuille est d’organiser ces placements de manière cohérente avec la situation financière et les objectifs de l’investisseur.
Par exemple, deux personnes peuvent posséder des portefeuilles très différents sans que l’un soit nécessairement meilleur que l’autre. Une personne qui épargne pour un projet rapproché n’aura pas forcément les mêmes besoins qu’une personne qui investit pour préparer sa retraite dans plusieurs décennies.
La composition d’un portefeuille dépend donc notamment :
des objectifs financiers;
de l’horizon de placement;
de la tolérance au risque;
de la capacité financière à supporter une perte;
des connaissances et du temps que l’investisseur souhaite consacrer à ses placements.
Il n’existe pas une seule composition idéale pour tout le monde. L’essentiel est de comprendre le rôle de chaque placement et la façon dont les différentes composantes s’intègrent à la stratégie globale.
2. Définir ses objectifs financiers avant d’investir
Avant de choisir des placements, il est important de déterminer pourquoi on souhaite investir.
Un objectif financier donne une direction à la stratégie d’investissement. Il aide à établir combien de temps l’argent pourra être investi et quel niveau de risque pourrait être acceptable.
Les objectifs peuvent être très différents d’une personne à l’autre :
constituer une épargne pour un projet futur;
accumuler un capital pour la retraite;
faire croître son patrimoine sur plusieurs années;
générer des revenus grâce aux intérêts ou aux dividendes;
préserver une partie de son capital pour un besoin prévu.
Ces objectifs n’impliquent pas nécessairement les mêmes décisions.
Une personne qui prévoit utiliser son argent prochainement doit accorder une attention particulière à la stabilité du capital et à la disponibilité des sommes. À l’inverse, une personne qui investit pour un objectif éloigné peut disposer de davantage de temps pour traverser les fluctuations des marchés.
À retenir : avant de réfléchir aux placements à détenir, il faut déterminer le rôle que l’argent doit jouer dans sa vie financière.
3. Déterminer son horizon de placement
L’horizon de placement correspond à la période pendant laquelle un investisseur prévoit conserver son argent investi avant de l’utiliser.
Cet élément influence les choix de placements, car les différentes catégories d’actifs ne présentent pas les mêmes fluctuations ni les mêmes risques à court et à long terme.
Un horizon rapproché
Lorsqu’une somme doit être utilisée prochainement, une baisse de valeur peut devenir problématique. L’investisseur dispose de peu de temps pour attendre un éventuel redressement des marchés.
Les placements dont la valeur fluctue fortement peuvent donc être moins adaptés à l’argent qui doit être disponible à une date précise.
Un horizon intermédiaire
Lorsqu’un projet se situe à une distance plus importante, l’investisseur dispose de davantage de temps, mais doit tout de même tenir compte de la date à laquelle les fonds seront nécessaires.
Le niveau de risque acceptable dépend notamment de la flexibilité du projet et des conséquences financières d’une éventuelle perte.
Un horizon éloigné
Lorsqu’un investissement est destiné à un objectif lointain, l’investisseur peut généralement envisager une stratégie qui tolère davantage de fluctuations, selon sa situation financière et sa tolérance au risque.
Un horizon éloigné ne fait toutefois pas disparaître le risque. Il permet plutôt d’envisager les fluctuations dans une perspective plus longue et de laisser davantage de temps à une stratégie d’investissement pour se développer.
Pour approfondir cette notion, consultez également notre article sur les différences entre l’investissement à court terme et à long terme.
4. Comprendre sa tolérance au risque
Le risque fait partie intégrante de l’investissement. La valeur de certains placements peut augmenter ou diminuer en fonction de la conjoncture économique, des taux d’intérêt, des résultats des entreprises et des anticipations des investisseurs.
La tolérance au risque correspond à la capacité psychologique d’un investisseur à accepter ces fluctuations sans abandonner sa stratégie sous l’effet de l’inquiétude.
Par exemple, imaginons deux investisseurs dont les portefeuilles subissent une baisse de 15 %.
Le premier comprend que les marchés peuvent traverser des périodes difficiles et demeure à l’aise avec sa stratégie. Le second ressent une forte inquiétude et envisage de vendre tous ses placements pour éviter une baisse supplémentaire.
Même si leur situation financière est comparable, ces deux personnes pourraient ne pas être à l’aise avec le même niveau de risque.
Il faut également distinguer deux notions.
La tolérance au risque désigne la disposition personnelle à accepter les fluctuations et les pertes possibles.
La capacité à prendre des risques correspond plutôt à la possibilité financière de supporter une perte sans compromettre ses besoins essentiels ou ses objectifs.
Une personne peut être psychologiquement à l’aise avec les fluctuations des marchés, mais ne pas avoir la capacité financière de subir une perte importante. À l’inverse, une personne disposant d’une situation financière solide peut tout de même préférer une stratégie plus prudente.
La construction d’un portefeuille doit tenir compte de ces deux dimensions.
5. Choisir la répartition entre actions, FNB et obligations
Une fois les objectifs, l’horizon de placement et le profil de risque définis, il devient possible d’examiner les différentes catégories de placements.
La répartition des actifs, aussi appelée allocation d’actifs, consiste à déterminer quelle proportion du portefeuille sera consacrée aux différentes catégories de placements.
Trois grandes catégories méritent notamment d’être comprises : les actions, les obligations et les liquidités. Les FNB peuvent, quant à eux, permettre d’investir dans une ou plusieurs de ces catégories.
Les actions : participer à la croissance des entreprises
Une action représente une part de propriété dans une entreprise. En achetant une action, l’investisseur devient actionnaire et peut profiter de l’évolution de la valeur de l’entreprise ainsi que, lorsque des dividendes sont versés, de ces revenus.
Les actions présentent toutefois un risque de perte en capital. Leur valeur peut fluctuer fortement en fonction des résultats financiers, des perspectives de croissance, de la conjoncture économique et des attentes du marché.
Dans un portefeuille, elles peuvent jouer un rôle important pour les investisseurs qui cherchent à faire croître leur capital sur une période prolongée et qui peuvent accepter les fluctuations associées.
Les obligations : prêter de l’argent à un émetteur
Une obligation est généralement un titre de créance par lequel un investisseur prête de l’argent à un gouvernement, à une municipalité ou à une entreprise.
En contrepartie, l’émetteur prévoit habituellement de verser des intérêts et de rembourser le capital selon les modalités de l’obligation.
Les obligations comportent néanmoins des risques. Leur valeur peut varier avec les taux d’intérêt, et le remboursement dépend notamment de la capacité de l’émetteur à respecter ses engagements.
Dans un portefeuille, elles peuvent contribuer à diversifier les sources de rendement et, selon leurs caractéristiques, à réduire les fluctuations globales. Elles ne sont toutefois pas toutes équivalentes en matière de risque.
Les FNB : investir dans un ensemble de placements
Un fonds négocié en bourse (FNB) est un fonds dont les parts s’achètent et se vendent généralement en bourse, comme des actions.
Un FNB peut détenir un ensemble d’actions, d’obligations ou d’autres actifs, selon sa stratégie. Il peut ainsi permettre à un investisseur d’accéder à plusieurs placements au moyen d’un seul produit.
Par exemple, un FNB qui reproduit un indice boursier diversifié peut donner accès à un grand nombre d’entreprises sans devoir acheter séparément les actions de chacune d’entre elles.
Il faut toutefois vérifier ce que le FNB détient réellement. Certains sont largement diversifiés, tandis que d’autres se concentrent sur un secteur, un pays ou un thème particulier. Le simple fait d’investir dans un FNB ne garantit donc pas une diversification suffisante.
Pour en apprendre davantage, consultez notre article sur les différences entre les FNB et les actions individuelles.
Comment choisir sa répartition?
Il n’existe pas de pourcentage universel à consacrer aux actions, aux obligations et aux liquidités. La répartition dépend des objectifs, de l’horizon de placement, de la capacité à supporter une perte et du niveau de risque recherché.
L’important est de comprendre le rôle de chaque composante et de vérifier que l’ensemble du portefeuille correspond à la stratégie envisagée.
6. Pourquoi la diversification est-elle importante?
La diversification consiste à répartir ses placements entre différents investissements afin de limiter la dépendance du portefeuille à l’égard d’une seule entreprise, d’un seul secteur ou d’un seul marché.
Elle est importante parce que les placements ne réagissent pas tous de la même façon aux événements économiques et financiers.
Imaginons un investisseur qui détient uniquement des actions d’entreprises du secteur de l’énergie. Si ce secteur connaît une période difficile, une grande partie de son portefeuille pourrait être touchée simultanément.
Un portefeuille réparti entre plusieurs secteurs et catégories d’actifs peut réduire cette concentration du risque.
La diversification peut prendre différentes formes :
Entre les entreprises : Détenir des placements dans plusieurs sociétés plutôt que dans seulement quelques-unes.
Entre les secteurs : répartir les investissements dans différents domaines de l’économie.
Entre les régions : investir dans plusieurs marchés géographiques.
Entre les catégories d’actifs : combiner, selon les objectifs, des actions, des obligations et d’autres types de placements.
Les FNB diversifiés peuvent faciliter cette démarche puisqu’un seul fonds peut détenir un grand nombre de titres.
Il faut toutefois faire attention aux chevauchements. Posséder plusieurs FNB ne signifie pas nécessairement que le portefeuille est bien diversifié. Deux fonds différents peuvent détenir les mêmes grandes entreprises ou être exposés aux mêmes secteurs.
Enfin, la diversification ne garantit pas l’absence de pertes. En période de crise, plusieurs catégories de placements peuvent diminuer simultanément. Elle permet surtout de limiter certains risques liés à une concentration excessive.
Pour approfondir le sujet, consultez notre article sur la diversification d’un portefeuille et les moyens de réduire le risque.
7. Construire un portefeuille simple avec des FNB
Pour un investisseur débutant, les FNB peuvent représenter une façon accessible de comprendre et de mettre en place une stratégie diversifiée.
Certains fonds permettent d’investir dans un large indice boursier, tandis que d’autres ciblent des catégories d’actifs précises. Il existe également des FNB qui regroupent plusieurs catégories d’actifs dans un seul portefeuille.
Voici trois approches générales pour comprendre les possibilités.
Approche 1 : un FNB largement diversifié
Un investisseur peut étudier les FNB qui suivent un indice regroupant des entreprises de plusieurs secteurs ou régions.
Cette approche peut simplifier la gestion, puisque le fonds regroupe plusieurs titres dans un seul produit. Cependant, le degré de diversification dépend de l’indice suivi et de la composition du fonds.
Un FNB d’actions largement diversifié reste exposé aux fluctuations des marchés boursiers. La diversification entre entreprises ne supprime pas le risque général du marché.
Approche 2 : plusieurs FNB complémentaires
Un investisseur peut également combiner plusieurs FNB ayant des rôles différents. Par exemple, il pourrait étudier un fonds d’actions canadiennes, un fonds d’actions internationales et un fonds d’obligations.
Cette approche permet de choisir plus précisément la répartition du portefeuille, mais demande de comprendre la composition de chaque fonds et les chevauchements possibles.
Le nombre de FNB n’est pas un objectif en soi. Ce qui importe, c’est la complémentarité réelle des placements.
Approche 3 : un FNB à répartition d’actifs
Certains FNB détiennent déjà une combinaison d’actions et d’obligations. Leur répartition peut être conçue pour correspondre à différents niveaux de risque et certains ajustent périodiquement leur composition.
Cette solution peut simplifier la gestion, puisque l’investisseur n’a pas nécessairement à rééquilibrer lui-même chaque composante.
Il demeure toutefois essentiel de lire la documentation du fonds pour comprendre sa répartition, ses frais, sa stratégie et les risques associés.
À retenir : un portefeuille simple n’est pas nécessairement un portefeuille incomplet. Une stratégie facile à comprendre et à suivre peut être préférable à une multitude de placements dont le rôle est mal défini.
8. Les erreurs fréquentes des investisseurs débutants
Lorsqu’on construit son premier portefeuille, certaines erreurs peuvent compliquer inutilement la gestion ou augmenter les risques.
Investir sans objectif précis
Acheter des placements simplement parce qu’ils sont populaires ou que leur valeur augmente ne constitue pas nécessairement une stratégie cohérente.
Il est préférable de déterminer d’abord le rôle de l’argent investi et la période pendant laquelle il pourra rester placé.
Confondre diversification et multiplication des placements
Posséder de nombreux titres ou plusieurs FNB ne garantit pas une bonne diversification. Si les placements sont fortement liés les uns aux autres, le portefeuille peut rester concentré sur les mêmes risques.
Il est donc utile d’examiner ce que chaque placement détient réellement.
Se concentrer uniquement sur le rendement potentiel
Un placement qui offre un potentiel de rendement élevé peut aussi présenter des risques importants.
Évaluer un placement demande de considérer ses risques, ses frais, son fonctionnement et son rôle dans le portefeuille, plutôt que de se concentrer uniquement sur le rendement espéré.
Modifier constamment sa stratégie
Les marchés fluctuent et les nouvelles économiques peuvent influencer les décisions des investisseurs. Modifier continuellement son portefeuille en réaction à chaque mouvement peut toutefois entraîner des transactions inutiles et éloigner l’investisseur de ses objectifs initiaux.
Négliger les frais et les impôts
Les frais de gestion des fonds, les frais de transaction et les conséquences fiscales peuvent influencer le résultat net d’un investissement.
Au Canada, le traitement fiscal dépend notamment du type de compte utilisé et de la nature des revenus générés. Il est donc utile de comprendre les caractéristiques des comptes enregistrés, comme le CELI et le REER, ainsi que celles des comptes non enregistrés.
Investir de l’argent qui pourrait être nécessaire rapidement
Les marchés peuvent subir des baisses au moment où un investisseur a besoin de récupérer son argent. Si une somme doit servir à payer une dépense importante prochainement, il faut tenir compte de ce besoin avant de l’exposer aux fluctuations des marchés.
9. Faut-il rééquilibrer son portefeuille?
Avec le temps, la valeur des différents placements évolue à des rythmes différents. La répartition initiale du portefeuille peut donc changer, même si l’investisseur n’effectue aucune transaction.
Imaginons qu’un portefeuille soit initialement composé à parts égales d’actions et d’obligations. Si les actions progressent davantage que les obligations, elles finiront par représenter une proportion plus importante de l’ensemble.
Le portefeuille pourrait alors présenter un niveau de risque différent de celui qui était prévu au départ.
Le rééquilibrage consiste à ramener la répartition du portefeuille vers les proportions choisies dans la stratégie initiale, lorsque cela est pertinent.
Cela peut notamment se faire en vendant une partie des placements devenus proportionnellement trop importants et en achetant ceux qui sont devenus moins représentés. Il est aussi parfois possible d'utiliser de nouvelles sommes investies pour rapprocher le portefeuille de sa répartition cible.
Il n’est pas nécessairement utile de rééquilibrer après chaque fluctuation. Certains investisseurs procèdent à des vérifications périodiques, tandis que d’autres utilisent des seuils de variation prédéterminés.
Le choix de la méthode dépend de la stratégie, des frais de transaction, des conséquences fiscales et des caractéristiques des placements. Certains FNB à répartition d’actifs effectuent déjà ce travail à l’intérieur du fonds.
L’objectif n’est pas de prévoir chaque mouvement du marché, mais de vérifier que le portefeuille demeure cohérent avec les objectifs et le niveau de risque souhaité.
10. Conclusion : privilégier une stratégie adaptée à ses objectifs
Pour construire un portefeuille d’investissement, il ne suffit pas de choisir quelques actions ou FNB. Il faut d’abord définir ses objectifs financiers, déterminer son horizon de placement et évaluer sa tolérance ainsi que sa capacité à prendre des risques.
La répartition des actifs et la diversification permettent de construire un portefeuille cohérent avec ses objectifs, son horizon de placement et son profil de risque. Les FNB peuvent faciliter cette démarche en donnant accès à plusieurs placements au sein d’un même fonds. Il reste toutefois important de comprendre leur composition, leurs frais et les risques auxquels ils exposent l’investisseur.
Un portefeuille ne doit pas nécessairement rester inchangé au fil des années. Les objectifs financiers, la situation personnelle et la répartition des placements peuvent évoluer. Il est donc utile de réexaminer périodiquement son portefeuille afin de vérifier qu’il correspond toujours à ses besoins et à sa stratégie.
Il n’existe pas de portefeuille idéal pour tous les investisseurs. Chaque personne doit tenir compte de sa situation financière, de ses objectifs et du niveau de risque qu’elle est prête à accepter. L’objectif est de construire un portefeuille que l’on comprend et que l’on peut gérer dans le temps, en sachant pourquoi chaque placement y occupe une place et quel rôle il joue dans la stratégie globale.